Nous avons le plaisir de convier tous les membres de l'association à l'assemblée générale ordinaire qui se tiendra le mardi 13 mars 2012, de 19h à 21 h, au café Le bon Pêcheur, 14 rue Pierre-Lescot, 75001 Paris (M° Les Halles).
Ordre du jour : - Rapport financier ; - Bilan 2011 ; - Perspectives 2012 (partenariat avec le Labo de l'édition, programme des soirées...) ; - Appel à candidatures pour le conseil d'administration.
Nos statuts précisent par ailleurs que, si vous le souhaitez, vous disposez de dix jours pour proposer des points supplémentaires à cet ordre du jour, vos suggestions sont donc les bienvenues !
Mercredi, 11 Janvier 2012
Pour bien commencer l'année, Isabelle Sivan convie Shalev Vayness, directeur des opérations et du développement de la société Isako, à l'atelier numérique. Il viendra nous parler numérisation, xml, fixed layout et bien d'autres choses encore.
Vous faites partie de l'atelier ? Alors rendez-vous à la Maison des associations du 6e arrdt de Paris (60 rue Saint-André des Arts) le jeudi 19 janvier à 19h30 (salle 2).
Mercredi, 21 Décembre 2011
Que les grandes structures reconnaissent la nécessité d'un contrôle de gestion est une chose mais que la fonction soit aujourd'hui de plus en plus présente dans les petites structures éditoriales en est une autre. En quoi cela a-t-il changé le quotidien d'une maison ?
Julien Brisedou et Pierre-Benoît de Veron s'accordent à dire que le contrôleur de gestion est d'abord là pour fournir des outils d'aide à la décision aux différentes fonctions (éditeurs, commerciaux, marketeurs, fabricants...). Cela permet par exemple de mieux estimer les chiffres de tirage afin d'éviter des stocks excessifs (un des "nerfs de la guerre" du point de vue économique) ou d'identifier les moyens de financer la croissance. Car, en réalité, l'approche est d'abord fonction du type d'ouvrage produit. Le modèle économique découle du type d'ouvrage, et non l'inverse. Il n'est donc pas le même pour un livre à la fabrication "standard" (noir et blanc, format poche, broché, 80 grammes...) et un livre conçu comme un bel objet (reliure, tranche-fil, quadrichromie...).
Prolongeant cette réflexion et combattant une idée reçue, Christian Robin explique que l'apparition progressive du contrôle de gestion n'a pas mené à la standardisation de la production. Il s'appuie pour cela sur une étude comparée des productions de 1980 et 2001. Ce n'est donc pas parce qu'il alerte les éditeurs sur certains risques que le contrôleur de gestion entrave la diversité éditoriale.
Dominique Bigourdan soulève toutefois ce qui pourrait être un travers de plus en plus fréquent, lié à la financiarisation du secteur : le "court-termisme" des décisions, dans un métier qu'il qualifie avant tout de "forestier" (les livres grandissant lentement). Le contrôleur de gestion, qui n'est certes pas à l'initiative de cette tendance, en est souvent cependant le premier porte-parole. L'éditeur aurait donc tout à gagner à utiliser certains instruments du contrôleur, tel que les plans à moyen terme qui lui sont régulièrement demandés, pour imposer une vision plus étalée dans le temps de son activité.
Jeudi dernier, Anne Hautecoeur (La Muscardine) et François-Xavier Robert (Dunod) nous ont présenté notre dernière rencontre de l'année sur le thème du contrôle de gestion.
On peut "dater" l'émergence du contrôle de gestion dans l'édition aux début des années 1980 avec l'arrivée progressive de cadres issus d'une autre filière que les deux voies royales de l'édition jusque là (Normale Sup et Sciences Po), à savoir les écoles de commerce. Ils vinrent occuper le territoire des chiffres à l'écart duquel les éditeurs se tenaient bien volontiers.
Dans les grands groupes d'édition, on distingue deux approches en termes d'organisation du contrôle de gestion. D'un côté, une approche très intégrée (sur le modèle d'Editis) avec un directeur du contrôle de gestion et des responsables de service chapeautant une équipe de contrôleurs. De l'autre, une approche très décentralisée (sur le modèle d'Hachette) avec un contrôleur de gestion travaillant au sein de chaque maison. Aux yeux de Christian Robin, cette seconde option permet peut-être un dialogue plus régulier et une meilleure compréhension avec les équipes éditoriales.
Mais quelle que soit l'organisation, comme le rappelle Pierre-Benoît de Veron, les missions du contrôleur s'étendent sur quatre axes : - la gestion financière : analyse des flux financiers en cours d'exercice, montage des budgets prévisionnels... - la réalisation et le suivi des comptes d'exploitation prévisionnels (les fameux CEP) : accompagnement des éditeurs et/ou des commerciaux, fourniture d'outils d'aide à la décision tels que diverses clefs de répartition... - la gestion de la production : suivi des ventes, évolution des stocks, estimation des réimpressions... - la gestion des droits d'auteur (que l'on peut sortir de l'axe "gestion financière" tant la question est complexe).
De nombreux indicateurs permettent de suivre l'évolution d'un budget au sein d'une maison d'édition parmi lesquels on peut isoler les quatre principaux que sont les coûts, le chiffre d'affaires, les marges (brutes et nettes) et l'impact sur les stocks. Comme le rappelle Dominique Bigourdan, dans cet univers de chiffres, le progiciel de gestion est l'outil incontournable, pour les petites comme pour les grandes structures (il existe en effet des produits aux fonctionnalités et aux coûts très variés).
Devant ce panorama, une question s'impose : l'importance croissante des contrôleurs de gestion dans notre secteur a-t-elle eu une incidence sur le fonctionnement et les politiques éditoriales des maisons ?
(à suivre)
Revenant une dernière fois sur notre rencontre de novembre, quels enseignements pouvez-nous tirer de ces trois exemples de succès ?
- La capacité de réaction et d'investissement est capitale. En cela, les petites structures sont peut-être plus à même de gérer des succès inattendus. Toute une maison d'édition (voire tout un diffuseur dans le cas d'Harmonia Mundi) peut très vite se mobiliser autour d'un ouvrage lorsque les ventes frémissent et mieux accompagner leur décollage, là où de plus grosses structures seraient plus lourdes à mettre en marche.
- L'indépendance peut être un frein. Si les éditions Gaïa ne s'étaient pas trouvées dans le giron d'Actes sud, elles n'auraient sans doute jamais pu convaincre les banquiers de les accompagner dans les investissements rendus nécessaires par le succès. De même, sans Harmonia Mundi, les éditions Indigènes n'auraient sans doute pas pu répondre à la demande exponentielle autour d'Indignez-vous.
- La transformation du succès en poche n'est pas automatique. Autant Le mec de la tombe d'à côté fut une aubaine pour Babel, autant Fraise et chocolat ne fut pas correctement géré par Pocket : format trop grand, couverture identique au volume initial... le poche eut plutôt tendance à cannibaliser les ventes du grand format.
- Le bouche à oreille ne devient vraiment générateur de ventes qu'au-delà d'un certain seuil de visibilité (qu'on peut fixer autour de 10000 exemplaires pour les ouvrages que nous avons évoqués).
- La capacité à gérer l'échec, chez un petit éditeur, est à mettre en parallèle de la capacité à gérer le succès : combien de livres, de grande qualité, portés avec conviction, n'ont pas rencontré leur public ? Mais la foi perdure et trouve son exaltation lorsqu'un jour, un texte prend un essor imprévu.
Mercredi, 07 Décembre 2011
La dernière rencontre de l'atelier numérique a eu lieu mardi 6 décembre à la Maison des associations du 6e arrdt de Paris.
À l'initiative d'Isabelle Sivan, nous avons reçu Xavier Cazin, co-fondateur de la société Immatériel, l'une des principales plates-formes de distribution de livres numériques en France.
Responsable commerciale d'Harmonia Mundi, Pascale Lapierre nous a présenté les grandes lignes de l'histoire d'Indignez-vous, paru en 2010 et principal best-seller de ces derniers mois en France (2,14 millions d'exemplaires vendus à ce jour).
"Ceux qui marchent contre le vent", la collection des éditions Indigènes où il est paru, n'était pas inconnue des libraires puisqu'elle avait déjà compté deux titres vendus à plus de 5000 exemplaires. Cependant, il est de notoriété commune que les livres à petits prix (3 euros ici) ne sont pas les préférés des libraires, si bien que le tirage initial ne fut que de 8000 exemplaires pour une mise en place de 3000. Cela dit, très vite, certains grands libraires (tels que Kléber à Strasbourg) le mirent en avant et, quinze jours plus tard, 7000 exemplaires étaient déjà sortis des caisses.
L'événement qui lança vraiment le mouvement fut la brillante prestation de Stéphane Hessel lors de l'émission de Frédéric Taddéi "Ce soir ou jamais". Un mois et demi plus tard, 100 000 exemplaires avaient été vendus. Mais comment faire, lorsqu'on est une structure avec une envergure financière limitée, pour fournir une telle demande ? Comment avancer les sommes liées à l'impression de telles quantités ? C'est Harmonia mundi, saisissant l'opportunité, qui se chargea de financer les réimpressions pour le compte des éditions Indigènes. Et qui fit en sorte de "gérer la pénurie", ces réimpressions n'étant jamais assez rapides pour satisfaire la demande toujours croissante (d'autant plus que, pour des raisons éthiques, l'éditeur tenait à ce que ce soit le même imprimeur espagnol qui produise tous les exemplaires).
Aujourd'hui, les droits d'Indignez-vous ont été achetés dans trente-deux pays où on compte déjà plus d'un million de ventes. Et bien sûr, l'ouvrage a eu le destin que l'on connaît dans la sphère politique.
(à suivre)
Que recouvre véritablement le contrôle de gestion ? Quelles sont les relations entre les contrôleurs de gestion et les éditeurs ? Comment concilier impératifs économiques, réalité du marché et élans créatifs ?
Pour évoquer ces questions, nous vous invitons à participer à la rencontre qui aura lieu le jeudi 15 décembre au Labo de l’édition (2 rue Saint-Médard, 75005 Paris), de 19h à 21h, en présence de : - Julien Brisedou, contrôleur de gestion RETZ & CLE - Dominique Bigourdan, du réseau de consultants Axiales - Pierre-Benoît de Veron, contrôleur de gestion chez Leduc S. éditions - Christian Robin, maître de conférences à Paris 13 et auteur de Pratiques de gestion éditoriale (Le cercle de la librairie).
Mercredi, 30 Novembre 2011
Susanne Juul, éditrice de Gaïa, nous a présenté l'aventure éditoriale du livre de Katarina Mazetti Le mec de la tombe d'à côté. Une aventure qui conduisit cet ouvrage à devenir la meilleure vente de la collection de poche Babel avec plus de 580 000 exemplaires (oui, vous avez bien lu) à ce jour !
La toute première rencontre avec ce roman se passa en octobre 2005 à la foire du livre de Francfort. Susanne Juul avait rendez-vous en fin de journée avec un éditeur suédois. Malheureusement, elle n'avait que cinq minutes à lui consacrer et alla donc droit au but : "Si tu n'avais qu'un livre à me conseiller, lequel serait-ce ?". Et l'éditeur de lui tendre un roman à la couverture d'une laideur sans nom. Malgré un a priori très négatif, Susanne Juul décida de lui faire confiance. Elle ouvrit le livre dans le train du retour... et ne le referma pas avant de l'avoir terminé.
Elle en acheta aussitôt les droits et eut la chance de trouver tout aussi vite une traductrice disponible. Le mec de la tombe d'à côté sortit en juin 2006. C'était déjà un grand succès en Suède mais rien ne laissait présager qu'il en serait de même en France. Pour sa promotion, elle choisit d'en envoyer aux libraires les deux premiers chapitres, qu'elle jugeait représentatifs du récit, mais resta timide sur le chiffre de tirage (4000 exemplaires). Les libraires dévorèrent l'extrait. Fin aout, ses stocks étaient vides. Fin décembre, après plusieurs réimpressions, le livre affichait déjà 10000 ventes au compteur. Par le seul soutien des libraires. Succès qui ne faiblit pas grâce également aux nombreuses venues en France de l'auteur, avide de rencontrer ses lecteurs et lectrices.
Le roman sortit ensuite en poche avec un tirage initial de 50000 exemplaires. Il fut adapté au théâtre en 2009 (et la pièce continue de tourner). Une suite, Le caveau de famille, vint relancer les ventes du premier tome en mars 2011. La mise en place de ce second roman fut à la hauteur du succès du premier : 54000 exemplaires. En six mois, Gaïa comptabilisait déjà 120 000 ventes (et la version poche n'était toujours pas d'actualité).
(à suivre)
Jeudi dernier, à l'invitation de Judith Ajchenbaum (Nathan) et Aurélia Cimelière (Edition 365) et pour inaugurer notre premier soirée dans les locaux du Labo de l'édition, Benoît Peeters est venu nous parler du succès de Fraise et chocolat, bande dessinée "hautement érotique" d'Aurélia Aurita aux éditions Les impressions nouvelles.
Fin 2005, Benoît Peeters se voit proposer les quarante premières pages de ce récit accompagné d'un ultimatum : "Il me faut une réponse dans les deux heures". Le lendemain, il proposait le contrat qu'Aurélia Aurita paraphait. Mais rien ne prédestinait cet ouvrage au succès, d'autant que le diffuseur de l'époque semblait peu enclin à le promouvoir : l'association d'un sujet érotique et d'un style jeunesse ne correspondait à rien de connu. La mise en place fut donc de 1500 exemplaires pour un tirage initial de 3000. Et la réticence du diffuseur fut redoublée par la frilosité des Fnac qui ne savaient où ranger ce livre dans leurs rayons (et le plaçaient donc hors de portée).
Un événement et une décision vinrent cependant changer le destin de Fraise et chocolat. L'événement, ce fut d'abord dix lignes dans Le Monde puis une pleine page signée Christophe Donner dans Le Monde 2 en mars 2006. La décision, ce fut d'en confier la promotion à une attachée de presse. Même si les ventes ne s'emballèrent pas soudainement, elles augmentèrent significativement et, surtout, se firent constantes. Des réimpressions de 3000 puis 4000 exemplaires se succédèrent.
Elles connurent un nouvel essort grâce tout d'abord à une pleine page dans Libération à la fin de l'été 2006 puis à une excellente prestation de l'auteur au Grand journal de Canal plus. Plusieurs fois, l'éditeur subit des ruptures de stock car, durant les trois années qui suivirent, les ventes ne cessèrent pas. Pour mieux accompagner ce succès, Benoît Peeters changea de diffuseur, passant chez Harmonia mundi. De nombreuses traductions (Pays-Bas, Espagne, Italie, Brésil...) élargirent l'audience du livre. Une version poche (chez Pocket) sortit. Un tome 2 compléta l'histoire. Si bien qu'en quelques années, Fraise et chocolat dépassait les 60000 ventes (tomes 1 et 2 confondus).
(à suivre)
Mercredi, 02 Novembre 2011
Notre prochaine plénière aura lieu le jeudi 24 novembre. Elle aura pour thème "Comment gérer le succès d'un best-seller ?". Qu'est-ce qui prédestine un livre au succès ? Et, lorsque ce succès survient et que l’on n’y est pas préparé, comment s’organiser ? Pour évoquer cette question avec nous, nous accueillerons : - Pascale Lapierre, directrice commerciale d'Harmonia Mundi, qui relatera le phénomène Indignez-vous de Stéphane Hessel - Benoît Peeters, éditeur des Impressions Nouvelles, qui évoquera Fraise et Chocolat d'Aurélia Aurita - Susanne Juul, éditrice de Gaïa, qui parlera du succès du Mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti.
Notez bien l’adresse : cette soirée se tiendra au Labo de l’édition, 2 rue Saint-Médard, 75005 Paris, de 19h à 21h30.
Mercredi, 21 Septembre 2011
La dernière réunion de l'atelier numérique organisée par Isabelle Sivan a eu lieu le mardi 20 septembre 2011 à 19h30.Nous avons reçu Françoise Prêtre, créatrice du site La Souris qui raconte, un site de littérature jeunesse innovant et créatif ! Si l'atelier vous intéresse, envoyez un mail à
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C'est la rentrée (pour ceux qui n'en étaient pas encore sûrs) ! Et pour commencer en douceur, nous vous proposons de venir boire un verre avec nous le jeudi 29 septembre. Où ? À L'étoile manquante, 34 rue Vieille du Temple (4e arrdt), M° Hôtel de ville, à partir de 19h. Venez nombreux !
Notre prochaine réunion sera... un apéritif : rendez-vous sur la terrasse de la cafétéria du palais de Tokyo le mardi 5 juillet à partir de 19h pour discuter, échanger et puis boire un peu aussi. Venez avec un livre pour participer à notre "tirage au sort" traditionnel.
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